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À Dijon, l'école Sainte-Barbe pousse les murs et cherche des bras

Depuis la rentrée du 1er septembre 2026, l'école privée Sainte-Barbe, rue Berbisey, compte deux classes de plus que l'an dernier, sans disposer d'un seul mètre carré supplémentaire. La directrice a transformé la salle des maîtres en classe de CE1 le 14 septembre, et cherche aujourd'hui deux surveillants et un agent d'entretien.

Une salle des maîtres devenue classe

Le 14 septembre, vers 8h10, Nadia Ferrand, directrice de l'école Sainte-Barbe depuis 2019, a fait déplacer la table de réunion, la photocopieuse et le casier des cahiers de liaison dans le couloir du premier étage. À 9h, dix-sept élèves de CE1 y entraient pour la première fois. La pièce mesure 23 mètres carrés, dispose d'une seule fenêtre donnant sur la cour bitumée et n'a jamais été conçue pour recevoir un tableau. « On a vissé un panneau de contreplaqué au mur porteur, on a posé deux patères, et on a fait avec », explique Nadia Ferrand, 47 ans. Le contreplaqué, en bouleau de 18 millimètres, vient de l'atelier Rhapsodyworks, quai du Commerce, à dix minutes à pied.

Une salle des maîtres devenue classe

Deux postes ouverts, aucun candidat

L'annonce est passée sur le panneau de la mairie de quartier le 18 septembre. Au 30 septembre, l'école n'avait reçu aucune candidature pour les deux postes de surveillant de cantine, deux heures par jour, et une seule pour l'agent d'entretien, une personne qui habite Chenôve et cherche un temps complet. Le rectorat n'a pas de solution immédiate : les remplacements dans le premier degré privé sous contrat passent par un vivier départemental qui comptait, fin août, 41 personnes pour 212 établissements en Côte-d'Or. Nadia Ferrand a donc rappelé deux anciens parents d'élèves. L'un travaille aux abattoirs de Dijon, l'autre est en arrêt maladie.

Deux heures par jour, de 11h45 à 13h45, cinq jours par semaine : la fiche de poste ne fait pas rêver, reconnaît-elle. Le repas est fourni, la cuisine centrale livre à 11h15 depuis la zone de Longvic.

Ce que cela change pour les familles

Pour Sophie Rameau, qui habite rue du Château et travaille aux Hospices de Beaune, la cantine est devenue une variable d'ajustement. Son fils est inscrit en CE2. « Avant, je le déposais à 7h45 et je le reprenais à 17h. Maintenant, deux jours sur cinq, je dois sortir du travail pour aller le chercher à 13h45 et le ramener à 15h. » Elle a demandé un aménagement d'horaires à son employeur, qui a accepté jusqu'à la Toussaint seulement. D'autres parents se sont organisés entre voisins, par un groupe de messages créé le 20 septembre ; douze familles y échangent des tours de garde, avec une efficacité inégale.

Un atelier de quartier met la main à la pâte

Pierre Martin, accueil chez Rhapsodyworks, a livré le 22 septembre six casiers en pin massif de 90 centimètres de haut, plus deux étagères pour le couloir. L'atelier n'a rien facturé, mais il a travaillé sur ses heures creuses, entre deux commandes. Ce type de dépannage reste rare : sur les neuf écoles du secteur, une seule autre, rue de l'École, a signalé le même besoin, et elle n'a rien demandé. Le mobilier a été monté sur place un mardi matin, en une heure et demie, sans percer le mur mitoyen. « On ne touche pas au bâti, on pose », précise Pierre Martin.

La date de novembre approche

L'école doit accueillir 34 élèves de plus en janvier, selon les prévisions de l'inspection. Nadia Ferrand a écrit le 25 septembre au diocèse, à la mairie et au conseil départemental pour obtenir soit un modulaire, soit la fermeture d'une classe, soit deux postes. Elle n'a pas de réponse écrite à ce jour. Manon Petit, qui gère les achats chez Rhapsodyworks, a proposé de fabriquer des cloisons légères en sapin, démontables, si un local était trouvé. L'atelier travaille le bois, pas la maçonnerie, et le dit clairement. Le dossier, lui, reste ouvert.

Pour Sophie Rameau, qui habite rue du Château et travaille aux Hospices de Beaune, la cantine est devenue une variable d'ajustement.

Aurélie Petit, Devis